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CORONAVIRUS : LES SIGNES EN TÊTE …

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« Toute méthode indirecte de communiquer une idée doit dépendre pour son établissement de l’emploi d’une icône » (C.S. Peirce, Collected papers, 2.278)

 Préambule 

L’évolution de la situation mondiale du coronavirus se transmet le plus souvent au moyen d’images présentant des courbes. De la pente des courbes dépend l’intensité des sentiments inspirés par l’événement.  Par ailleurs les chiffres qui sont fournis quotidiennement montrent surtout les évolutions d’un jour sur l’autre. Ils génèrent une angoisse indexée sur l’amplitude de leurs   accroissements. On a le sentiment de gravir tous les jours les marches de plus en plus hautes d’un escalier fatidique. Les perceptions de ces courbes et de ces diagrammes divers -qu’il est facile de prolonger dans un futur immédiat- alimentent une vision catastrophiste de l’avenir tandis que les chiffres quotidiens détaillent au jour le jour la marche vers les fins que ce prolongement fait redouter. Ces deux types de signes combinés induisent dans les esprits une synergie qui forme l’idée d’une dynamique inexorable effrayante. Cependant on sait ou on sent que derrière ces courbes et ces chiffres il y a la possibilité d’une intelligibilité mathématique et sémiotique. On a l’opportunité de réintroduire la raison critique qui permettra d’accéder à une vision plus exacte et apaisée du phénomène. On appréhendera mieux les constructions mentales qui se forment au jour le jour et on pourra accréditer l’idée que l’action collective peut s’inscrire dans ce futur pour le modifier. Au centre de ces préoccupations on trouvera notamment la question de la survenue du pic de la pandémie et de « l’aplatissement » des courbes qui du coup feront moins peur. Il deviendra plus clair que diminuer la hauteur des marches d’escalier quotidiennes est une condition nécessaire pour obtenir ce résultat. Et se poseront alors en termes débarrassés des affects les questions techniques des moyens propres à mettre en œuvre pour l’obtenir. Les outils à disposition sont des modèles mathématiques dont l’épidémiologie fait une grande consommation. Ils sont au fondement de la pensée scientifique[1].

De plus tout cela étant affaire de signes on pourra recourir à la sémiotique qui permettra de saisir d’un même mouvement de pensée les faits, les signes de loi grâce auxquels on les appréhende et les affects qui accompagnent leur présence à nos esprits. Car la sémiotique peut faire cela. Ainsi on sera certain qu’aucun « ingrédient de pensée » ne sera négligé et sera évalué selon sa contribution à la signification globale. Notamment on ne perdra pas de vue que les courbes aussi bien que les diagrammes résultent de conventions sociales, qu’elles ne sont pas la réalité mais juste des représentations que les esprits humains se donnent à eux-mêmes. A ce titre elles sont éminemment faillibles. Le peintre surréaliste René Magritte s’est fait une spécialité de l’illustrer dans toute son œuvre, notamment dans la série intitulée « La condition humaine ». Je retiens la suivante à titre illustratif car son examen permet de rentrer de plain-pied dans la complexité de l’univers des signes et dans les problématiques de leur utilisation nécessaire à des fins de connaissance.

condition humaine

 Figure 1

 Je la commente brièvement. C’est une représentation dans une représentation (car il ne faut pas oublier que Magritte a peint l’ensemble !). Dans le tableau posé sur le chevalet deux tours sont représentées mais ce tableau cache une partie de la représentation du paysage qui s’inscrit dans la fenêtre. Mais il s’y ajuste parfaitement. Les deux tours font-elles partie de la représentation de ce paysage dont l’existence dans le monde réel déjà est totalement hypothétique ? Si l’on veut bien admettre que toute représentation du monde, qu’elle soit l’œuvre d’un peintre, d’un mathématicien d’un épidémiologiste  ou d’un individu lambda est un acte de connaissance alors on comprend que Magritte nous dit à travers cette parabole picturale que la connaissance procède par représentations successives et que toute nouvelle connaissance apporte de nouveaux éléments dont on peut se demander à bon droit s’ils figuraient dans la connaissance précédente et pour quelles raisons ils n’ont pas été pris en compte. On appelle « sémiosis » cette succession infinie de signes dont on peut penser qu’elle tendra vers la vérité de l’objet … chacun de ces signes est une interprétation de l’interprétation précédente rapportée à l’objet initial … C’est exactement ce qui se produit dans nos esprits quand nous prenons connaissance des courbes et des chiffres du jour. Encore faut-il en être conscient … nous gravissons un escalier mental et la courbe qui l’accompagne peut en figurer la rampe (où l’on retrouve que pour transmettre une idée, il faut une icône). La préoccupation sémiotique on le voit consistera à ne jamais perdre de vue que c’est une chose d’être et que c’est une autre chose que d’être représenté.

L’intérêt d’une telle démarche vis-à-vis des urgences actuelles est peut-être assez mince. Je la défendrai cependant comme un moyen utile voire indispensable pour s’assurer de l’exactitude de sa pensée quand elle se tourne vers ces phénomènes. C’est un exercice visant à une appréhension plus juste que possible du monde extérieur car il est fondé en raison et peut-être est-ce son seul mérite dans la mesure ou la déraison est très souvent de mise en cette matière.

1.     La sémiotique du coronavirus ou comment le coronavirus s’invite quotidiennement dans notre univers de signes

 La méthode sémiotique consiste à classer les signes rendus présents aux esprits par l’irruption du coronavirus. Trois catégories de signes sont nécessaires et suffisantes pour des raisons théoriques qui n’ont pas leur place ici[2].

1.1            Les signes de fait

 Ce sont tous les signes en connexion directe avec le monde extérieur, principalement les informations fiables rassemblées par les pouvoirs publics qui les reçoit depuis les lieux où la présence du virus et de ses effets est constatée. Ce sont presque exclusivement des dénombrements de personnes ou d’unités de soins ou de matériels nécessités par la gestion de la pandémie. En ce qui concerne les personnes ces nombres sont présentés en ensembles prédéterminés : personnes infectées (testées en milieu hospitalier), personnes hospitalisées en réanimation et personnes décédées. Ce sont des conventions qui mobilisent d’emblée des signes de loi d’autant plus qu’elles sont imposées par les autorités de santé et apparemment elles font consensus. Elles nous projettent immédiatement dans la seconde catégorie de signes.

1.2            Les signes de loi

 Un signe de loi est une loi qui opère par signes, une convention sociale, explicite ou implicite. Une définition à ne pas restreindre au seul champ juridique. Se serrer la main, dire bonjour ou des gros mots bien connus lorsqu’on est contrarié en font partie. C’est le domaine de l’institué social. L’éducation au sens large a pour fonction d’instituer les enfants pour les faire rentrer dans cet univers partagé (cf les « instituteurs » des anciennes écoles primaires).  C’est ainsi que bon nombre des informations factuelles du point 1.1 précédent, traduites en courbes ou en diagrammes divers, rentrent dans le champ de la sémiotique graphique[3] qui met en œuvre des conventions de représentation largement codifiées et acceptées. Ce sont des signes de loi parce qu’ils sont explicitement ou implicitement prescrits et à ce titre il est déjà clair que les minorités qui ne sont pas instituées[4], soit par défaut d’inculcation pédagogique, soit à cause de trajectoires sociales en rupture avec le système éducatif, soit par refus idéologique[5] ou pire par défi absurde poseront problème. Nous y reviendrons. Notre propos prendra donc en considération ce fait que les perceptions plus ou moins normées par l’institué social contribuent à la mise en service de concepts existants intériorisés ou éventuellement à la création de nouveaux concepts. Certains sont déjà-là, ils sont réactivés, d’autres sont des candidats signes de loi. A partir de corps de concepts qui fonctionne comme une doctrine informe collective, les individus construisent la vision du monde qui guide leurs actes dans ce monde. C’est le sens de cette citation :

« les éléments de tout concept entrent dans la pensée logique par la porte de la perception et sortent par la porte de l’action intentionnelle » (CS Peirce, Collected Papers, 3.212)

 1.2.1 Exponentielle, bâtons, tuyaux d’orgue, camemberts et fonctions en escalier.

Puisque les données de fait parviennent dans nos esprits préformatées par la sémiotique graphique, il n’est pas inutile d’examiner les fondements de ces mises en forme. En effet elles jouent in fine un rôle non négligeable dans la construction des significations. On peut même dire que c’est une obligation méthodologique.

Commençons par l’exponentielle. Tous les médias y ont recours lorsqu’ils informent sur l’accroissement du nombre de personnes infectées ou en état grave qui justifie une réanimation ou encore décédées. Il y en a donc plusieurs « exponentielles » présentées. Mais l’exponentielle dans tous ces discours n’est pas présente es-qualité à savoir une fonction mathématique bien définie telle que la rencontrent la plupart des candidats au bac. Ce que ce terme produit dans les esprits ce sont de vagues rappels mnémoniques (selon leur scolarité) mais plus généralement une sorte d’idée vague du genre : « ça monte très fort, plus fort que tout ». Son statut phénoménologique partagé est donc principalement sémiotique plutôt que mathématique. Cela signifie qu’elle fonctionne comme signe d’une loi d’accroissement extrêmement rapide. A ce titre elle frappe les esprits. Elle engendre mécaniquement des certitudes (du genre : « ça va mal se passer ») propres à induire d’autres certitudes sur d’autres plans, principalement pratiques et psychosociaux. En tant que signe la courbe quotidienne actualisée fonctionne comme une icône « supérée » de la croissance incontrôlable[6] dont elle devient le symbole. C’est un signe de loi qui dans chacune de ses occurrences, écrite ou verbale, vaut pour le concept de « croissance incontrôlable ». C’est ce qu’on appelle sa valeur-signe. Toutes les conventions graphiques ont un statut analogue.

Prenons cet exemple particulièrement démonstratif : une image diffusée le 22 mars. Elle venait en conclusion d’une séquence dans laquelle étaient présentées successivement les diagrammes des décès cumulés   survenus respectivement en France, Italie et Espagne à ce jour. Ces trois diagrammes ont été ensuite regroupés dans un unique diagramme ci-après photographié par mes soins. Le mode de regroupement a consisté à opérer des translations dans le temps afin de mettre en phase les progressions dans chaque pays. L’origine des temps est ici le moment du départ de l’épidémie dans chacun des trois pays. C’est un nouveau signe de loi. L’effet de sens est évident : le temps est aboli pour créer un nouvelle valeur-signe dans un nouvel espace où la comparaison est possible ; elle est valide puisqu’elle se fait sans aucune transformation des données. Le résultat saute tellement aux yeux qu’il n’est point besoin de le commenter. Il a suffi d’une manipulation purement formelle pour alerter sur la gravité du phénomène espagnol et produire une certaine sérénité (toute relative) sur le phénomène français, le phénomène italien devenant la référence de par son antériorité. C’est donc ce dernier dont on possède des éléments plus anciens qui permet de préfigurer les évolutions des deux autres si aucune intervention nouvelle n’intervenait. Nous sommes au moment où j’écris ces lignes (le 30 mars) sept jours après … chacun peut vérifier si la prédiction implicite, celle vers quoi poussait ce diagramme s’est réalisée …

IMG_1775

Figure 2

1.2.2 Au-delà des bâtons et des courbes en suivant Magritte …

Les nombres publiés chaque jour sont représentés par des bâtons de couleurs différentes. Si on les transformait en tuyaux d’orgue on obtiendrait trois escaliers ; j’ai visualisé ci-dessous les escaliers italien et espagnol. Appliquons la leçon de Magritte rapportée à notre état d’information : l’écran de la télévision est sur un chevalet devant une fenêtre dans laquelle s’inscrit notre conception du coronavirus résultant du flux d’images et commentaires que nous avons perçus antérieurement en bref notre vision antérieure du coronavirus, une sorte de paysage mental de la pandémie, déjà-là dans notre esprit mais dont une partie est à l’instant occultée par l’image de l’écran (figure 2).

 

 IMG_1775 escalier

Figure 3

Considérons maintenant un seul bâton, par exemple le bâton espagnol du 23 mars (le numéro 14) qui représente les 1720 personnes décédées à cette date dans ce pays. En divisant sa hauteur qui sur ma photographie initiale est de 2cm soit 20000 microns par 1720 on trouve 11,6 microns. Donc chaque vie perdue qui est faite d’une longue et complexe histoire personnelle est réduite et occultée par le fait d’être représentée à une portion de 11,6 microns du bâton. C’est une sorte de cercueil iconique qui l’enferme symboliquement (une icône supérée) et le bâton dans sa totalité est un empilement de telles icônes qui se substituent dans le paysage aux vagues conceptions de personnes espagnoles vivantes que nous avions. Cela est évidemment vrai de tous les autres bâtons. Et ce n’est pas par hasard que l’on parle de « personnes disparues » quand on parle de décès. Il y a dans nos esprits une sorte de « cimetière mental » dans lesquelles les représentations des disparus prennent place ; il vient de s’agrandir.

1.3 Les charges émotionnelles associées

Cet exemple introduit parfaitement ce point. Si vous êtes un citoyen français vous avez certainement éprouvé un sentiment de compassion pour vos compatriotes et probablement un certain (et peut-être lâche) soulagement. A l’opposé un citoyen espagnol au fait de la situation catastrophique que connait l’Italie ressentira aussi de la compassion mais aussi à coup sûr une forte angoisse de l’avenir tandis qu’un italien pourra se dire qu’il a malgré tout échappé au pire en enviant quelque peu son voisin français.

On imagine l’immensité que recouvre ce graphique mis à jour quotidiennement par la Johns Hopkins University :

financial track

Figure 4

 Ce diagramme est particulièrement intéressant car il mélange des signes de fait (les courbes) avec des signes qui sont des « répliques » de signes de loi symboliques produits par des considérations formelles théoriques, à savoir ici les droites en pointillé qui partitionnent l’espace des représentations selon la fréquence des doublements du nombre de victimes : doublement tous les jours, tous les 2 jours, tous les 3 jours, toutes les semaines. Elles n’ont rien à voir avec les personnes réelles qui sont représentées mais introduisent une représentation désincarnée de trajectoires théoriques qui ont pour effet de compartimenter le phénomène. Pour un pays donné et mal situé diminuer ces fréquences par des moyens appropriés c’est reconduire progressivement sa courbe de décès vers la zone enviée des japonais et des sud-coréens. Ce diagramme en rendant visible cette assertion la crédibilise.

Il existe aussi des cartes du monde comme celle de Johns Hopkins University dans lesquelles on peut afficher à la demande les statistiques de 177 pays et des grandes villes[7] avec une représentation par disques de couleur dont le diamètre est en proportion des nombres compilés. On ouvre des bulles au passage de la souris. Ce sont des iconisations dynamiques de l’expansion du coronavirus sur la planète. Elles relèvent de la même analyse.

2. Les icônes dynamiques

 Ce sont des courbes ou diagrammes animés qui sont relatifs à la représentation de la dynamique du phénomène lui-même ou à l’instar des droites ci-dessus qui représentent des possibilités d’évolution. On peut incorporer dans ces catégories des groupements d’icônes qui figurent chacune un instant d’une évolution constatée ou projetée comme des photogrammes issus d’un film. Les courbes animées sont pour la plupart des tracés qui figurent le mouvement dans le temps d’une pointe de crayon qui trace la courbe. Elles incitent à imaginer leur prolongement. Voici trois diapositives qui ont permis à un intervenant dans la conférence de presse du Premier Ministre du 28 mars d’illustrer comment les mesures de confinement peuvent limiter drastiquement le nombre de contaminations :

 

IMG_1807 IMG_1808

Figure 5: sans confinement                                            Figure 6 : contacts divisés par 2

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Figure 7 : contacts divisés par 4

Bien sûr il faut croire que les nombres des individus représentés par des silhouettes identiques est garantie par l’autorité scientifique qui s’exprime. Il n’y a pas de raison d’en douter.

Plus convaincante est l’icône dynamique ci-dessous car elle porte en elle-même une démonstration bien que les hypothèses soient vagues (chaque personne en contaminerait 2 ou 3) et que le contenu des bulles arbitraire (un tel travaille à distance, tel autre a renoncé à un barbecue, un autre a renoncé à prendre l’avion, un quatrième s’est confiné). Car on voit que la suppression d’un relais supprime à chaque fois plusieurs sortes de gerbes qui suivraient dans le cas contraire et le résultat même avec des hypothèses aussi faibles (c’est le comportement de seulement 4 personnes qui produit ce résultat est tout à fait saisissant. C’est un raisonnement de portée générale fait sur un cas particulier. Il installe dans les esprits ce que l’on pourrait appeler « la loi du confinement »: toute personne qui évite un contact contribue à diminuer la propagation du virus.

Animation

 Figure 8

  1. 3.     Les courbes antidotes de l’exponentielle.

On vient de le voir : les représentations fondées sur la seule exponentielle sont toxiques, au sens où elles génèrent un maximum d’angoisse. Elles ont été exploitées par Malthus en soutien de ses thèses sur les populations. Mais elles sont fausses car elles ne prennent pas en compte le fait que le virus en produisant des anti-toxines chez les individus qu’il envahit crée du même coup la limitation de sa propagation. Chaque fois qu’il rencontrera une personne qu’il a déjà rencontrée il se produira ce qui est démontré dans la figure 8. Ce phénomène est étudié depuis longtemps par les mathématiciens. C’est le mathématicien belge Verhulst[8] qui en 1845 a produit les courbes « logistiques » qui sont encore utilisées aujourd’hui dans beaucoup de domaines et notamment par les épidémiologistes. Elles dépendent de paramètres qui correspondent à la nature des propagations dans chacun d’eux. Voici deux représentations qui vont fixer les idées :

 malthus                              fig10

                                                                                                                                                             Figure 9                                                                                                          Figure 10

La figure 9 montre bien que la courbe logistique côtoie l’exponentielle au tout début et quelle  s’en écarte rapidement ; elle monte vite cependant mais atteint un plafond (K) qui dépend de la résistance que crée le virus. Cette particularité a nourri des stratégies de « laisser-aller » qui consistent à attendre que se manifeste cette « immunité de groupe ». Le coût humain très important est difficile à assumer. La figure 10 montre plusieurs courbes possibles selon les valeurs des paramètres de la fonction. On remarquera combien la courbe en rouge (r = 0,5) se rapproche des courbes des pays européens présentées par le Premier Ministre :

IMG_1798

Figure 11

En fait la série des diapositives présentées ce jour-là constitue une véritable « argumentation visuelle« . En voici les principaux items :

  Fig12a       fig13a

Figure 12                                                                                Figure 13

  IMG_1806

 Figure 14

La figure 14 est la conclusion de cette argumentation : c’est en agissant au moyen du confinement sur le paramètre r que la courbe rouge qui représente l’évolution sans confinement sera évitée et c’est la courbe bleue que l’on observera, une courbe qui passe sous la ligne pointillée qui représente nos capacités d’accueillir les cas graves en réanimation. L’effort à faire est représenté par la flèche verticale rouge. En imaginant cette image sur le chevalet de Magritte viennent à l’esprit les souffrances, les efforts, les angoisses qui sont occultées. En même temps elle porte l’espoir de la possibilité d’agir sur un tel phénomène pour en maîtriser la propagation grâce à la connaissance.

Conclusion

L’analyse sémiotique ci-dessus est volontairement faite en première intention en utilisant seulement 3 types de signes. On peut faire des analyses plus précises, plus sophistiquées. Mais quoi qu’il en soit, elle ne prescrira rien. Car elle ne peut avoir aucune prétention à résoudre les problèmes. Elle se borne donc à montrer aussi clairement que possible quels types de relations ils entretiennent avec les réalités représentées dans les processus de résolution, comment ces processus sont exposés dans l’espace public, comment ils peuvent être interprétés. Tout cela pour que chacun puisse penser avec la meilleure exactitude les conséquences pratiques que l’on peut attendre de l’action collective engagée pour les résoudre. C’est un chemin qui se fait en marchant certes, mais il faut garder les yeux bien ouverts …

« caminante, no hay camino

Se hace camino al andar » (Antonio Machado)


[1] 4 minutes 33 sur la démarche scientifique : https://youtu.be/59wYmEoccF8

[2] Pour mémoire : Marty, Robert, L’algèbre des signes : essai de sémiotique scientifique d’après Charles S.Peirce, vol. 24, Amsterdam, John Benjamins, coll. « Foundations of Semiotics », 1990, 409 p. (ISBN 9789027232960)

[4] C’est-à-dire qui n’ont pas intériorisé la plupart des institutions sociales qui régissent le fonctionnement social.

[6] Une icône « supérée » est une image (ici une courbe mathématique) élevée au rang de symbole par une convention acceptée sans examen par les membres d’une communauté.

 

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